LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE (Ugetsu monogatari)

Tobeï est un potier qui vit dans un petit village de campagne, Ohmi, au temps du Moyen Âge japonais. Un jour, il part vendre ses pots à la ville en compagnie de Genjuro, un de ses amis. Quand Tobeï revient à Ohmi, il a gagné beaucoup d'argent car la guerre avec l'armée Shibata fait monter les prix. Genjuro, quant à lui, s'est engagé avec des samouraïs, mais il rentrera bien vite chez lui, humilié par de vrais guerriers. Tobeï veut augmenter sa productivité pour gagner encore plus d'argent. Il part pour la ville avec Genjuro et la femme de celui-ci. En ville, Tobeï tombe amoureux de dame Wakasa, Genjuro devient un vrai samouraï grâce à un acte de lâcheté de sa part, et la femme de Genjuro devient prostituée. Cependant, Tobeï s'aperçoit que la femme qu'il aime est en fait un fantôme, et que son âme est manipulé par des esprits malfaisants ; il rentre alors au village. Genjuro et sa femme se rencontrent par hasard ; Genjuro abandonne son métier de samouraï et rentre lui aussi au village avec sa femme. Mais la femme de Tobeï, Miyagi, est morte entre-temps. Quand ce dernier rentre à Ohmi, il ne lui reste que son fils.

Un film de Kenji Mizoguchi
avec Machiko Kyo, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka
Scénario : Matsutarô Kawaguchi, Yoshikata Yoda, d’après deux nouvelles de Akinari Ueda
Photographie : Kazuo Miyagawa  
Montage : Mitsuzo Miyata
Musique : Fumio Hayasaka, Mochizuki Tamekichi, Saitô Ichirô
Production : Masaichi Nagata
Japon- 1953-N/B- Durée 94 min
LION D’ARGENT FESTIVAL DE VENISE 1955

« Le chef d’œuvre de Mizoguchi, le chef d’œuvre du cinéma japonais, un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. C’est une somme où convergent et s’additionnent les tendances les plus opposées de l’art, ses sources d’inspiration les plus diverses. […] C’est à la fois le mythe grec de l’Odyssée et la légende celtique de Lancelot, un des plus beaux poèmes d’aventure et d’amour-fou, un des chants les plus fervents qui aient été composés en l’honneur du renoncement et de la fidélité, un hymne à l’Unité, en même temps qu’à la diversité des apparences. C’est un conte de fées, traité avec un réalisme si minutieux qu’on peut dire que le moyen âge n’avait jamais été, avant lui, évoqué correctement sur un écran. » (Eric Rohmer, Cahiers du cinéma, n° 81- mars 1958)

 


Retrospective Kenji Mizoguchi - Film de Kenji Mizoguchi
Distribué par Films sans Frontières